L’arbre qui cache la forêt

Ou pourquoi quitter Facebook est une sombre connerie ? Oui, je l’assume, quitter Facebook ne résoudra pas vos histoires des traces que vous laissez sur le digital et dans la vie en général.

Nous avons le droit à la pudeur, mais pas à l’oubli.

Le devoir de mémoire de se souvenir, de se rappeler des choses oubliées est l’un des fondamentaux de nos civilisations. Quitter Facebook c’est quitter une partie de notre humanité. Qu’on le veuille ou non  Facebook a changé notre rapport à l’historique.

Effacer l’empreinte de nos humbles vies cela va-t-il nous conduire à ne vivre que dans l’instant présent. Plus de passé, la trace mémorielle de nos êtres est un élément constitutif de notre existence, de notre vie. Facebook et d’autres ont su capter, figer, collecter des moments forts, émouvants, gais et surtout partagés. C’est l’une des conditions de l’existence humaine. Les maux des réseaux sociaux sont les maux de de nos sociétés. Ni plus, ni moins. Ce n’est qu’un miroir. Nous avons le droit à la pudeur, mais pas à l’oubli.

La collecte est présente partout, sur tout. Les marketers ont toujours trouvé le moyen de savoir ce que vous faites. Les technologies leurs ont simplement donné accès à plus de matière spontanée. Mais depuis la nuit des temps les politiques, les marchands, et autres percepteurs ont collecté de la donnée sur les Hommes. Si vous quittez Facebook,  quittez aussi votre carte bleue, ou american express, ne retirez pas d’argent au DAB, portez une capuche quand vous vous promenez. Quittez aussi internet, et votre téléphone. Ne regardez plus les médias, ils vous observent en permanence pour savoir ce que vous pensez. Ne parlez pas à votre voisin, il pourrait répéter ce que vous disez.

Quelles limites à ce système ?

Blog-HD-Data-is-the-center-2.jpgL’accélération permise par la technologie, le big data et maintenant l’intelligence artificielle doivent nous faire poser la question : Quelles limites à ce système ? L’Homme existe car il vit en société. Il créé de la valeurs spirituelle, physique. Seul, le groupe n’est rien. L’isolement mène à la déchéance et à la mort.

Voilà pourquoi C’est une erreur de quitter Facebook, de renier le principe même de participer anonymement à ce foisonnement. Le groupe garantie l’anonymat. L’individualisation n’est pas dans notre ADN.  Facebook ne peut exister sans les autres. Il faut certes que la répartition de la valeurs soit plus équitable. Mais si vous retirez facebook de l’écosystème, tous les autres suivront pour sombrer petit à petit dans l’obscurité voire l’obscurantisme. Les âmes perdues sont plus faciles à manipuler.

L’arbre qui cache la forêt

Maintenant, Facebook a des obligations par rapport à son rôle ; La connaissance des autres ne doit pas conduire à la manipulation des masses. Le marketing digital doit s’adapter aux principes démocratiques. Et si l’autorégulation est une solution, il faut un contrôle indépendant, une vigie des abus.

Aujourd’hui, la collecte de la donnée est l’obsession de tous les acteurs du marché de l’Adtech et du Martech. La course à l’échalote déclenchée il y a quelques temps, fait un peu oublier aux acteurs leurs déontologies, les règles éthiques. C’est là le problème. Facebook cristallise toutes les attentions des médias, mais les pratiques du marché sont aussi choquantes et multiples. Je ne connais pas un acteur qui ne souhaite pas connaitre ses consommateurs. Comprendre les audiences c’est adapter ses contenus à la cible. Si votre contenu ne plait pas, pas d’audience et pas de financement à terme. C’est un paradoxe, la génération des audiences est devenu vecteur de populisme d’une certaine manière. Les médias sont pris en étau entre la singularité de leurs contenu et la massification obligatoire de leurs audiences à des fins de financement (publicitaire). Mais dans ce principe, Facebook n’est pas le seul acteur. Cela fait bien longtemps que la donnée n’est plus anonyme sur les supports digitaux. C’est pourquoi s’attaquer uniquement à Facebook est un coup d’épée dans l’eau.

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